Traumatisme crânien léger

Définition

Les définitions sont extrêmement nombreuses, celle de Cassidy en 2004, paraît assez largement consensuelle. Le problème de la définition du traumatisme crânien léger est qu’il englobe, à l’évidence, des situations dont la gravité commotionnelle est extrêmement différente. 

Cassidy JD et al. (2004) Incidence, risk factors and prevention of mild traumatic brain injury: results of the WHO Collaborating Centre Task Force on Mild Traumatic Brain Injury. J Rehabil Med.; S43 : 28-60.

Un Traumatisme Crânien Léger (TCL) est une commotion cérébrale traduite par l’interruption temporaire du fonctionnement habituel du cerveau :

  • Score de coma de Glasgow de 13 à 15
  • 1 ou plusieurs des éléments suivants :
    • Perte de connaissance < à 30 mn
    • Amnésie post-traumatique (incapacité à fixer les évènements, à s’en souvenir durant – de 24h)
    • Toute anomalie post-traumatique transitoire du fonctionnement mental

 

Epidémiologie

Symposium de l’IRME sur le traumatisme crânien léger, « Etude d’une prise en neuropsychologique précoce chez des patients ayant subi un TCL », 14 mai 2014.

Docteur M. Raphaël, prise en charge des TCL aux urgences, CHU Bicêtre, novembre 2014.

% de TCL ?

Sur l’ensemble des traumatisés crâniens, chaque année en France, environ 155 000 personnes sont admises aux urgences pour un traumatisme crânien. (Etude INSERM Aquitaine, 1986), 80% sont étiquetés légers (M. Raphaël, 2014).

Qui ?

Population masculine plus concernée. Plus fort taux d’adolescents ou de jeunes adultes (15-25 ans). (Cassidy et al., 2004). L’âge moyen est de 27 ans pour les hommes et de 32 ans pour les femmes. (M. Raphaël, 2014)

Causes principales ?

Accidents de la voie publique : motos, vélos, piétons, dans 70 % des cas. Les 30 % restant concernent les chutes dues à des accidents de sport, du travail, de loisirs ; des agressions. (Holm et al., 2005 ; M. Raphaël, 2014)

Pronostic ?

  • Généralement bon. Taux de mortalité très faible de 0 à 0.9% (Gennarelli, 1994, Paniak, 1999)
  • Peu de lésions intracrâniennes (5%) (Holm & al., 2005 Who collaborating centre)
  • Récupération complète entre 3 et 12mois

Exception

15% à 25% EVOLUTION DEFAVORABLE (Boake et al., 2004 ; Carroll et al. 2004 ; Iverson, 2005 ; Mittenberg et Strauman 2000 ; Ponsford et al., 2000, 2002 ; Wood, 2004 ; Konrad et al., 2010).

Symptômes post-commotionnels des traumatisés crâniens légers décrits dans la rubrique « Troubles consécutifs ».

Risques de persistances des troubles

Généralement à partir de 3 mois du TC (Boake & al. 2004, Iverson 2005, Mitteberg et Strauman 2000, Carroll & al., 2004 ; Ponsford & al., 2000)

Pouvant durer plusieurs mois à plusieurs années (Binder, 1986, Bohnen & Jolles, 1992, Rutherford, 1989)

 

Troubles Consécutifs

Plaquette de France Traumatisme Crânien : « Traumatismes crâniens légers. Information destinée au médecin généraliste ».

Consultez la plaquette

Symptômes post-commotionnels (SPC)

Troubles physiques

  • Maux de tête
  • Douleurs cervicales
  • Troubles de l’équilibre ou de l’audition
  • Intolérance au bruit, à la lumière
  • Troubles du sommeil
  • Flou visuel
  • Fatigue

Troubles intellectuels

  • Troubles de l’attention
  • Troubles de la concentration
  • Troubles de la mémoire
  • Trouble du raisonnement
  • Trouble de la capacité d'initiative

Troubles de l'humeur et du comportement

  • Troubles du caractère ou de l’humeur : Impatience, irritabilité, anxiété, dépression, culpabilité
  • Reviviscence de l’accident, cauchemars

 

Devenir

Dossier de Presse J.-J. Dumond, P. Fayol, J.-J. Truelle, 3 juin 2009.

  • Dans 80% des cas, tout rentre dans l’ordre en quelques jours ou quelques semaines.

 Ce n’est souvent que rétrospectivement que le blessé témoigne de difficultés de concentration, de ralentissement intellectuel, de fatigue, de maux de tête, de troubles de mémoire… (syndrome fonctionnel post-commotionnel : SPC)

  •  10 à 20% des TCL (Wood, 2004) conservent, au bout de 3 mois, ce groupement symptomatique appelé alors « syndrome post commotionnel persistant » (SPCP).

Association, à des degrés variables, de manifestations physiques (maux de tête, vertiges, inconforts visuel et auditif, fatigue et troubles du sommeil), cognitives (difficultés d’attention, de concentration, de mémoire, voire du raisonnement, ralentissement du traitement de l’information), psychologiques (irritabilité, anxiété, dépression).

Pour la scolarité des enfants après un TCL, se reporter à la rubrique "Vous êtes concernés" puis "Personnel de l'enseignement".

  •  Dans environ 10% des cas, ces troubles persistent au-delà d’une année. 

Le sentiment de conséquences durables et plus encore, un sentiment d’incompréhension et d’exclusion s’installent douloureusement. Pour cette « malheureuse minorité », cela engendre des souffrances personnelles, familiales, un repli social et parfois des conséquences sur l’emploi.


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Traumatismes Crânien Léger (TCL)